Difficulté à concevoir : 10 pistes à explorer pour comprendre son attente
- Tiffany Boyrivent
- il y a 1 heure
- 9 min de lecture
Vous essayez de concevoir depuis plusieurs mois, peut-être même depuis plus d'un an. Chaque cycle qui passe sans la ligne rose tant attendue pèse un peu plus lourd. Vous avez déjà consulté, fait quelques examens de base, et tout semble "normal" sur le papier. Pourtant, votre corps vous dit qu'il y a quelque chose.
Et si la réponse ne se trouvait pas dans un diagnostic posé, mais dans des zones d'ombre que personne ne vous a encore invitées à explorer ?
Quand bébé tarde à venir, c'est rarement une seule cause isolée qui bloque. C'est souvent un ensemble de petits déséquilibres qui, accumulés, empêchent votre corps de créer l'environnement optimal pour accueillir la vie. Je vous propose aujourd'hui d'explorer ensemble 10 pistes concrètes, souvent négligées, qui peuvent faire toute la différence dans votre parcours vers la conception.

Dans cet article, je vous propose de découvrir 10 causes à explorer sur lesquelles vous pouvez agir :
LES BASES HORMONALES
1. Votre cycle : êtes-vous vraiment en train d'ovuler ?
2. Progestérone : l'hormone clé de la fertilité
3. Votre thyroïde : le chef d'orchestre hormonal silencieux
LES DÉSÉQUILIBRES HORMONAUX SPÉCIFIQUES
4. Prolactine : l'hormone de l'allaitement qui bloque l'ovulation 5. Excès d'androgènes : quand les hormones masculines prennent le dessus 6. Déséquilibres glycémiques : les montagnes russes qui sabotent l'ovulation LES FACTEURS SYSTÉMIQUESL 7. Les métaux lourds : les saboteurs invisibles de votre fertilité
8. Inflammation chronique et stress oxydatif : le feu invisible 9. Stress chronique : quand votre corps est en mode survie LE FACTEUR EXTERNE 10. Votre conjoint : l'angle mort de l'infertilité
LES BASES HORMONALES
1. Votre cycle : êtes-vous vraiment en train d'ovuler ?
C'est la base, et pourtant tellement de femmes découvrent tardivement qu'elles n'ovulent pas régulièrement. Avoir ses règles ne signifie pas automatiquement qu'il y a eu ovulation. Un cycle peut être anovulatoire : les hormones fluctuent, l'endomètre se construit puis se détache, mais aucun ovule n'a été libéré.
L'impact physiologique : Sans ovulation, pas d'ovule à féconder, donc aucune chance de conception. Mais au-delà de ça, l'absence d'ovulation empêche la production de progestérone par le corps jaune, cette hormone indispensable qui prépare l'endomètre à accueillir un embryon et soutient l'implantation.
Ce que vous pouvez explorer :
Suivez votre température basale au réveil : une vraie montée thermique stable pendant 12-14 jours indique une ovulation
Observez votre glaire cervicale : une glaire filante, transparente comme du blanc d'œuf signale votre fenêtre fertile

2. Progestérone : l'hormone clé de la fertilité
On parle beaucoup des œstrogènes, mais la progestérone est LA star de la conception. C'est elle qui transforme votre endomètre en un nid douillet et qui maintient une grossesse débutante.
L'impact physiologique : Une insuffisance en progestérone (phase lutéale courte, moins de 10 jours après l'ovulation) empêche l'endomètre de s'épaissir suffisamment. Résultat : même si l'ovule est fécondé, il ne peut pas s'implanter correctement.
Ce que vous pouvez explorer :
Mesurez votre phase lutéale (du jour de l'ovulation au premier jour de vos règles)
Un bilan hormonal a pic + 7 (7 jours après l'ovulation) peut révéler un taux de progestérone trop bas ( on vise au moins 15 ng/ml )
3. Votre thyroïde : le chef d'orchestre hormonal silencieux
La thyroïde est une glande discrète mais puissante. Elle régule votre métabolisme, votre énergie, votre température corporelle... et votre fertilité.
L'impact physiologique : Une thyroïde qui fonctionne au ralenti (hypothyroïdie, même subclinique) perturbe l'ovulation en dérèglant l'axe hypothalamo-hypophysaire. Les hormones thyroïdiennes influencent directement la production de FSH et de LH, les hormones qui déclenchent l'ovulation. De plus, une thyroïde au ralenti favorise l'anovulation, les cycles irréguliers, et augmente le risque de fausse couche précoce car elle ralentit l'épaississement de l'endomètre.
Ce que vous pouvez explorer :
Un bilan thyroïdien complet : TSH, T3, T4, anticorps anti-TPO
Fatigue chronique, frilosité, prise de poids, cycles irréguliers : pensez thyroïde
Regardez vos apports en iode, sélénium, zinc, et vitamine D
LES DÉSÉQUILIBRES HORMONAUX SPÉCIFIQUES
4.Prolactine : l'hormone de l'allaitement qui bloque l'ovulation
La prolactine est souvent associée à l'allaitement, mais elle peut aussi être élevée en dehors de toute grossesse ou allaitement. Et quand elle grimpe trop, elle devient un frein majeur à la conception.
L'impact physiologique : Une hyperprolactinémie (taux élevé de prolactine) inhibe directement la sécrétion de GnRH par l'hypothalamus, ce qui bloque la production de FSH et de LH, les deux hormones indispensables pour déclencher l'ovulation. Résultat : des cycles irréguliers voire absents (aménorrhée), une absence d'ovulation, et parfois des écoulements mammaires en dehors de la grossesse (galactorrhée). Cette élévation peut être causée par un stress chronique, certains médicaments (antidépresseurs, neuroleptiques), une hypothyroïdie, ou un adénome hypophysaire bénin.
Ce que vous pouvez explorer :
Un dosage sanguin de prolactine, idéalement le matin à jeun et au repos (le stress fait grimper la prolactine - 20 min au moins)
Cycles très irréguliers ou absents ? Écoulements mammaires ? Baisse de libido ? Pensez prolactine
Vérifiez votre thyroïde et votre niveau de stress chronique, deux facteurs qui font souvent grimper la prolactine
5.Excès d'androgènes : quand les hormones masculines prennent le dessus
Les androgènes (testostérone, androstènedione, DHEA) sont des hormones que les femmes produisent aussi, mais en quantité bien moindre que les hommes. Quand elles sont en excès, elles perturbent tout l'équilibre hormonal féminin.
L'impact physiologique : Un excès d'androgènes perturbe la maturation des follicules ovariens et empêche l'ovulation. Les follicules commencent à se développer mais n'arrivent pas à maturation : ils restent bloqués sous forme de petits kystes à la surface des ovaires (d'où le nom de syndrome des ovaires polykystiques, SOPK). Cette hyperandrogénie crée aussi une résistance à l'insuline qui aggrave le déséquilibre hormonal dans un cercle vicieux. En l'absence d'ovulation, pas de corps jaune, donc pas de progestérone, et un endomètre inadapté à l'implantation. L'excès d'androgènes se manifeste aussi par de l'acné (surtout sur le bas du visage et la mâchoire), une pilosité excessive (hirsutisme), et une perte de cheveux.

Ce que vous pouvez explorer :
Un bilan hormonal complet : testostérone totale, SHBG, DHEA, androstènedione, Delta-4
Acné persistante, pilosité excessive, perte de cheveux ? Cycles très irréguliers ? Pensez SOPK
Équilibrez votre glycémie : l'insuline stimule la production d'androgènes
Réduisez les glucides raffinés, privilégiez les fibres, les protéines, et les bonnes graisses
6.Déséquilibres glycémiques : les montagnes russes qui sabotent l'ovulation
Vous pensez que la glycémie ne concerne que les diabétiques ? Détrompez-vous. Les fluctuations de sucre dans le sang et la résistance à l'insuline sont parmi les causes les plus fréquentes (et les plus sous-estimées) de difficulté à concevoir.
L'impact physiologique : Quand vous consommez des glucides, votre pancréas sécrète de l'insuline pour faire entrer le sucre dans vos cellules. Mais quand cette insuline est trop souvent sollicitée (alimentation riche en sucres raffinés, grignotages fréquents, petit-déjeuner sucré), vos cellules deviennent résistantes : il faut de plus en plus d'insuline pour le même effet. Or, l'excès d'insuline stimule directement les ovaires à produire des androgènes (testostérone), ce qui bloque la maturation des follicules et empêche l'ovulation. L'hyperinsulinisme perturbe aussi l'équilibre entre FSH et LH, favorise l'inflammation, et réduit la production de SHBG (protéine qui transporte les hormones sexuelles), laissant circuler trop d'œstrogènes et d'androgènes libres dans le sang.
Ce que vous pouvez explorer :
Fringales fréquentes, coups de fatigue après les repas, envies de sucre en après-midi ? Signes de déséquilibre glycémique
Dosage du Hba1c, de la glycémie à jeun ET de l'insuline à jeun (le ratio glycémie/insuline est plus révélateur que la glycémie seule)
Le conseil : Petit-déjeuner protéiné et gras
LES FACTEURS SYSTÉMIQUES
7. Les métaux lourds : les saboteurs invisibles de votre fertilité

Vous ne les voyez pas, vous ne les sentez pas, mais les métaux lourds (mercure, plomb, aluminium, cadmium) s'accumulent insidieusement dans votre organisme via l'alimentation, l'eau, l'air, les cosmétiques.
L'impact physiologique : Les métaux lourds sont des perturbateurs endocriniens majeurs. Ils se fixent dans vos tissus et vos organes (ovaires, thyroïde, surrénales) et bloquent le bon fonctionnement hormonal. Le cadmium, par exemple, mime les œstrogènes et crée une dominance œstrogénique artificielle. Le mercure altère la qualité des ovocytes et perturbe l'implantation embryonnaire. Ces toxiques créent aussi un stress oxydatif qui endommage l'ADN des cellules reproductrices. Point crucial : ces métaux lourds peuvent se transmettre au bébé pendant la grossesse et l'allaitement. C'est pourquoi il est essentiel de préparer le terrain et d'évaluer votre charge toxique avant la conception pour protéger votre santé et celle de votre futur enfant.
Ce que vous pouvez explorer :
Un test HTMA (analyse minérale tissulaire des cheveux) qui révèle l'exposition chronique aux métaux lourds et les déséquilibres minéraux
Limitez les gros poissons (thon, espadon), privilégiez les petits poissons (sardines, maquereaux)
Soutenez vos voies de détoxification naturelles (foie, intestins, reins)
💡 Pour aller plus loin : Découvrez mon article complet sur le test HTMA et comment il peut révéler les déséquilibres qui impactent votre fertilité.
8. Inflammation chronique et stress oxydatif : le feu invisible
Vous avez peut-être entendu parler d'inflammation aiguë (une entorse, une infection). Mais l'inflammation chronique, elle, est silencieuse et sournoise.
L'impact physiologique : L'inflammation chronique de bas grade crée un environnement hostile à la conception. Les cytokines pro-inflammatoires (IL-6, TNF-alpha) perturbent la maturation des follicules, dégradent la qualité ovocytaire, et rendent l'endomètre moins réceptif à l'implantation. Le stress oxydatif (excès de radicaux libres) endommage l'ADN des ovocytes, réduit la réserve ovarienne, et peut provoquer des fausses couches précoces. Ce stress oxydatif est amplifié par le tabac, l'alcool, la pollution, le manque d'antioxydants, et les déséquilibres glycémiques.
Ce que vous pouvez explorer :
Votre alimentation : est-elle riche en antioxydants (fruits rouges, légumes colorés) ?
Réduisez les aliments ultra-transformés, le sucre raffiné, les graisses trans
Complémentation en oméga-3, vitamine E, CoQ10, glutathion (avec accompagnement)
Dosez votre CRP-US , on vise un resultat en inférieur a 1
9. Stress chronique : quand votre corps est en mode survie
Le stress n'est pas "juste dans votre tête". C'est une réalité physiologique qui bouleverse votre équilibre hormonal de fond en comble. Et attention : le stress physiologique ne se limite pas à l'anxiété ou aux émotions. Il peut aussi être causé par un manque de sommeil chronique, des carences nutritionnelles, ou une inflammation persistante.
L'impact physiologique : Le stress chronique active en permanence votre axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien (HPA). Résultat : vos glandes surrénales produisent du cortisol en continu. Or, le cortisol inhibe la GnRH (l'hormone qui déclenche toute la cascade de l'ovulation), ce qui bloque ou retarde l'ovulation. De plus, la progestérone et le cortisol partagent le même précurseur (la prégnénolone) : quand votre corps doit choisir entre gérer le stress et ovuler, il choisit la survie (cortisol) au détriment de la fertilité (progestérone).
Ce que vous pouvez explorer :
Qualité de votre sommeil : vous réveillez-vous plusieurs fois par nuit, comment vous sentez vous le matin apres une nuit de sommeil ?
Vos apports nutritionnels : carences en magnésium, vitamines B, fer ?
Techniques de régulation nerveuse : cohérence cardiaque, méditation, yoga
Adaptogènes (rhodiola, ashwagandha) pour soutenir les surrénales (avec accompagnement)
LE FACTEUR EXTERNE
10. Votre conjoint : l'angle mort de l'infertilité
Les hommes sont responsables à eux seuls de 20 à 30% des cas d'infertilité, et contribuent à 50% des difficultés à concevoir au total.Pourtant, c'est souvent la dernière piste explorée, parce que culturellement, on pense d'abord à la femme. Une erreur qui peut faire perdre un temps précieux.
L'impact physiologique : La qualité du sperme (mobilité, morphologie, quantité) influence directement les chances de fécondation. Même si un seul spermatozoïde suffit, il doit être capable de traverser la glaire cervicale, remonter jusqu'à la trompe, et pénétrer l'ovule. Le stress oxydatif, les toxines environnementales, la chaleur excessive (ordinateur sur les genoux, saunas fréquents) et les carences en zinc, sélénium ou vitamines B9 et B12 altèrent la qualité spermatique.
Ce que vous pouvez explorer :
Un spermogramme
L'hygiène de vie de votre partenaire : tabac, alcool, stress, alimentation
Une complémentation ciblée en antioxydants (CoQ10, zinc, sélénium) -> Je vous recommande le Cocooning Men de jollymama en cure de 3 mois

Conclusion : votre fertilité est un puzzle, pas une loterie
L'attente de bébé peut être éprouvante, surtout quand on vous dit que tout est "normal". Mais votre corps est bien plus qu'un ensemble de chiffres sur une feuille de résultats. Il vous parle à travers ces cycles irréguliers, cette fatigue, ce sommeil agité.
Chacune de ces 10 pistes est une invitation à écouter votre corps autrement, à explorer ce qui se cache sous la surface. Ce n'est pas une question de perfection, mais de rééquilibrage progressif. Parfois, une seule amélioration — réguler la thyroïde, stabiliser la glycémie, soutenir les surrénales — peut débloquer tout le reste.
Vous n'êtes pas seule dans cette exploration
Peut-être qu'en lisant cet article, vous vous êtes reconnue dans 3, 5, ou même 8 de ces pistes. Peut-être même que vous vous sentez un peu submergée par tout ce qu'il y a à explorer. C'est normal. Et c'est justement pour ça que vous n'avez pas à faire ce chemin seule.
Mon rôle, c'est de vous guider pas à pas dans cette exploration : on identifie ensemble ce qui bloque vraiment (via un bilan complet et le Test HTMA si nécessaire), on rééquilibre votre terrain naturellement avec l'alimentation, la micronutrition et la phytothérapie, et on prépare votre corps à concevoir en toute sérénité.
Vous méritez des réponses qui vont au-delà du "soyez patiente". Votre fertilité est un écosystème complexe qui mérite d'être nourri, compris, et soutenu avec bienveillance. Et surtout, vous méritez d'avoir toutes les pièces du puzzle en main pour créer l'environnement optimal à la conception.
Vous êtes prête à assembler votre puzzle fertilité ? 🧩
💬 Et vous, quelle piste résonne le plus avec votre parcours ? N'hésitez pas à partager en commentaire ou à me contacter pour un accompagnement personnalisé.


Commentaires